Vos orteils accrochent le sol lorsque vous marchez ? Vous relevez davantage le genou pour ne pas trébucher ?
Ces signes peuvent évoquer un « pied tombant ». Celui-ci peut entraîner une démarche compensatoire appelée « steppage »,qui peut être compensée à l’aide d’un releveur de pied.
Reste à choisir le dispositif le plus adapté : releveur de pied rigide ou releveur de pied dynamique, compatibilité avec les chaussures, confort, maintien… Orthopédie Chauveau vous donne les clés pour mieux comprendre.
Qu’est-ce qu’un pied tombant ?
Le mécanisme et ses conséquences
Le « pied tombant » désigne une difficulté à relever l’avant du pied et les orteils pendant la marche.
Pour marcher normalement, il faut pouvoir relever la pointe du pied lorsque la jambe avance. Ce mouvement, qui semble automatique, est assuré par des muscles situés sur la partie antérieure de la jambe.
Quand ces muscles ne reçoivent plus l’influx nerveux destiné à les activer, le pied a tendance à retomber, et les orteils peuvent alors « racler » le sol. Conséquence : un risque élevé de faux pas, voire de chute.
La personne adopte souvent une marche compensatoire en levant davantage le genou à chaque pas. Mais cette adaptation n’est pas neutre, et elle engendre une fatigue accrue.
Pied tombant, quelles en sont les causes ?
Le « pied tombant » n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme qui peut avoir des origines diverses. Parmi les plus fréquentes :
- une lésion (compression ou étirement) du nerf fibulaire commun (ou nerf péronier) ;
- l’irritation d’une racine nerveuse au niveau de la colonne lombaire (hernie discale, arthrose…) ;
- une atteinte du système nerveux central, à la suite d’un AVC ou de certaines maladies neurologiques ;
- un traumatisme du genou, de la jambe ou de la cheville (cas plus rares).


À quoi sert un releveur de pied ?
Le releveur est une orthèse pour pied tombant destinée à compenser les difficultés de relevage de l’avant du pied pendant la marche.
Précision importante : ce dispositif n’est pas utilisé pour guérir la (ou les) cause(s) du pied tombant. Il vise uniquement à améliorer les conditions de déplacement et à sécuriser la marche.
Selon le modèle choisi, le releveur de pied peut notamment contribuer à :
- limiter l’accrochage des orteils contre le sol ;
- améliorer le contrôle du pied et de la cheville ;
- réduire certaines compensations de la démarche ;
- favoriser une marche plus sûre et plus confortable ;
- préserver l’autonomie dans les déplacements.
Mise en garde : un releveur ne peut toutefois garantir l’absence de chute. Son efficacité dépend du déficit de dorsiflexion, de l’équilibre, de la stabilité de la cheville et de l’adaptation globale du dispositif à la personne qui en fait usage.
Releveur de pied rigide ou dynamique : quelles différences ?
On distingue deux principaux types de releveurs de pied :
- Le releveur statique ou releveur rigide, qui maintient la cheville dans une position fixe pour empêcher le pied de tomber.
- Le releveur dynamique, qui, lui, accompagne le mouvement de la cheville. Il aide à relever le pied tout en laissant une certaine mobilité.
| Principe de fonctionnement | Situations pouvant orienter le choix | |
| Releveur statique/rigide | Maintient la cheville et le pied dans une position contrôlée. | Faiblesse importante, instabilité, raideur, spasticité ou besoin de sécuriser l’appui. |
| ReleveurDynamique | Aide le relevé du pied tout en autorisant une mobilité plus ou moins contrôlée. | Cheville relativement mobile et stable, faiblesse modérée, objectif de démarche plus fluide. |
Comment choisir son releveur de pied ?
Le « bon » releveur est celui qui répond aux besoins spécifiques de chaque individu. Lors de l’évaluation destinée à choisir l’appareillage, il faut donc tenir compte de plusieurs éléments :
Le degré de faiblesse musculaire
Parmi les premiers éléments évalués figure la capacité à relever le pied. Doit-on traiter une simple faiblesse ou bien une vraie paralysie ? La question a son importance, car si le dispositif doit bien sûr apporter une aide suffisante pour relever le pied, il ne doit pas pour autant être contraignant. L’objectif est donc de bien évaluer le degré de faiblesse musculaire dont souffre la personne.
La mobilité de la cheville
Lorsque la cheville reste mobile, on envisage souvent un appareil pour pied tombant capable d’accompagner le mouvement. Au contraire, en cas de raideur, de spasticité ou de difficulté à contrôler les mouvements, il faut prévoir un maintien plus ferme.
La stabilité du pied
Pour marcher sans trébucher, la pointe du pied doit se relever, tandis que la cheville reste souple, mais toujours dans son axe. Lorsque la cheville tourne ou que le pied est déformé, une orthèse pour pied tombant juste destinée à relever l’avant-pied est insuffisante. On privilégie dans ce cas une solution de maintien supplémentaire.
Le niveau d’activité
Quelles sont les habitudes du patient ? Le dispositif est-il destiné à aider les déplacements dans la maison ou plutôt la marche en extérieur ? Sur de petites ou de grandes distances ? Selon les cas, il faut adapter le releveur aux besoins précis de la personne, en pensant également à la facilité de mise en place du dispositif.
Le confort et la compatibilité avec les chaussures
Un releveur doit pouvoir être porté régulièrement sans causer de gêne (frottements…)
L’orthèse doit aussi s’intégrer aux chaussures habituelles du patient (certains appareillages volumineux sont par exemple incompatibles avec des chaussures étroites…).
Une règle d’or : le dispositif ayant vocation à soulager la personne, il ne doit engendrer ni inconfort ni contraintes supplémentaires.
Peut-on porter un releveur de pied avec toutes les chaussures ?
Non. La compatibilité varie en fonction du releveur, de sa fixation et du modèle de la chaussure.
Pour un releveur pied tombant porté à l’intérieur de la chaussure, on prend soin de vérifier ;
- que la chaussure est suffisamment profonde, avec une tige plutôt haute
- que l’ouverture de la chaussure est adaptée (des lacets ou des scratchs facilitent enfilage et réglage)
- que le modèle assure un bon maintien (avec un talon toujours en place et un pied qui ne glisse pas dans la chaussure)
- que la semelle, stable et si possible antidérapante, permet de sécuriser les appuis
- que l’ensemble du dispositif est confortable (aucune pression inhabituelle ne doit être ressentie).
Nos recommandations :
- toujours essayer un releveur avec des chaussures utilisées au quotidien.
- en cas de frottement ou de gêne persistante, se rapprocher sans tarder du podo-orthésiste pour adapter l’orthèse


Quelle solution quand le releveur classique ne convient pas ?
Quand le pied présente une déformation importante, quand le maintien doit être assuré de manière globale ou que l’orthèse est incompatible avec les chaussures habituelles… Il arrive que les releveurs « classiques » ne suffisent pas.
Une chaussure orthopédique sur mesure avec releveur intégré peut alors être envisagée.
Résultat : un dispositif complet (chaussant + soutien adapté) conçu en fonction de l’anatomie du pied et des contraintes de marche du patient.
Pourquoi faire adapter son releveur par un podo-orthésiste ?
Un releveur doit être choisi et ajusté en fonction des caractéristiques du pied, de la marche et des besoins de la personne afin d’assurer un maintien efficace et confortable.
Pour le choix de l’appareillage, l’examen réalisé par le podo-orthésiste tient compte de la marche réelle (attaque du talon, positionnement de la cheville, déroulement du pas et des appuis). Cette analyse permet de régler l’orthèse pour compenser le pied tombant sans gêner la propulsion.
Par la suite, la mise en place d’un protocole de suivi et d’adaptation est essentielle :
- pour éliminer les éventuels points de pression : un releveur mal ajusté peut créer des frottements, rougeurs, douleurs ou lésions cutanées, surtout en cas de port quotidien ou de sensibilité cutanée. Un appareillage bien adapté doit être maintenu sans contact douloureux
- pour optimiser l’efficacité biomécanique : ni trop souple ni trop rigide, l’orthèse doit relever le pied sans empêcher la mobilité nécessaire à une marche fluide. Ce réglage, précis, dépend de plusieurs facteurs (poids, rythme de marche…). Il doit donc être adapté au fil du temps pour que l’usage du releveur reste confortable.
Besoin d’un releveur de pied adapté pour sécuriser votre marche et améliorer votre confort au quotidien ?
Prenez rendez-vous chez Orthopédie Chauveau pour un bilan personnalisé avec un podo-orthésiste.
FAQ – Releveur de pied
Combien de temps faut-il pour s’habituer à un releveur de pied ?
L’adaptation est progressive : plusieurs jours à quelques semaines peuvent être nécessaires, selon le modèle, le déficit moteur et la fréquence de port. Commencez par de courtes périodes, puis augmentez progressivement. Si des douleurs, rougeurs ou frottements persistent, consultez rapidement votre podo-orthésiste.
Peut-on marcher normalement avec un releveur de pied ?
Un releveur de pied facilite la marche en permettant le relevé de l’avant-pied quand la jambe avance.
Toutefois, ce dispositif ne peut garantir une démarche totalement fluide : son efficacité dépend notamment du déficit musculaire et de la stabilité de la cheville.
Peut-on porter un releveur avec des baskets ?
Oui, souvent, à condition que la basket soit suffisamment profonde, stable et bien maintenue au talon. Essayez toujours le releveur avec vos chaussures habituelles et demandez conseil à votre podo-orthésiste en cas de frottement ou de gêne.
Un releveur de pied est-il remboursé ?
Oui, certains releveurs sont inscrits sur la Liste des produits et prestations remboursables (LPP) et peuvent être pris en charge par l’Assurance Maladie, sur prescription médicale. Le montant remboursé dépend du code LPP et du type d’orthèse ; si vous disposez d’une complémentaire santé, elle peut prendre en charge tout ou partie du reste à charge. Un modèle sur mesure peut néanmoins entraîner un reste à charge



Comment savoir si mon releveur de pied est bien adapté ?
Un releveur de pied adapté doit faciliter le relevage de l’avant-pied sans causer de douleur ni de gêne excessive. Si la marche reste difficile ou si l’appareil devient inconfortable, un bilan podo-orthopédique doit être envisagé.